Chronique de Concert – Johnny Winter à Bobino (Paris) – 15/03/2010
Quand une légende se produit à proximité, il n’y a pas à tergiverser! Il faut y être! Et Johnny Winter est un musicien de légende pour avoir été l’un des guitaristes les plus brillants de sa génération, pour avoir redonné une seconde carrière à Muddy Waters… Et à titre personnel pour sa version de Johnny B. Goode qui m’a soufflé un jour d’acheter une guitare. Rien que pour ça je devais y être, même si je le sais diminué payant son tribut aux excès d’antan et au temps qui passe!! Fichu temps qui passe!
20.30… Diable je suis en retard… Je remonte la rue de la Gaieté à toute allure manquant de renverser ici une table de café posée sur le minuscule trottoir, là un type qui fume sa clope devant un restaurant Japonais. Ma cible: Bobino!! J’y suis presque… Encore un effort… Ca y est… J’y suis!
Je ne connaissais pas Bobino, et je dois dire que c’est la classe… Un peu trop même! Comme la furieuse sensation que je vais assister à l’enregistrement du prime de la Nouvelle Star. Seul un coup d’oeil circulaire me permet de me rendre compte que ce n’est qu’une impression. Quelle étrange sensation de me sentir tout jeune au milieu de cet auditoire dont la moyenne d’âge dépasse allègrement les 50 berges bien tassées!
Quelquepart vers 21.00… On a le droit à une présentation prétexte à faire monter Louis Bertignac et Paul Personne sur scène qui nous clament leur bonheur d’être là ce soir pour écouter cette légende du blues rock… Fait plaisir de les voir ces deux là!!
Le groupe devance Johnny Winter de quelques minutes pour nous échauffer les esgourdes à coup de boogie furieux… Un bon boogie dont seuls les groupes texans ont la recette: tonitruant! Après quelques minutes de bastonnage en règle, Johnny Winter arrive sur scène… Légèrement courbé… Auréolé de cette aura que son albinisme lui a toujours conféré… Cette présence un peu fantômatique dont on sent qu’elle nous cache la vraie nature du personnage.
Assis sur le devant de la scène, il se saisit de sa légendaire et minuscule guitare Erlewine Lazer qu’il ne quittera pas jusqu’à sa sortie de scène. Petit tour de chauffe et le voilà qui entame un Hideaway bruyant, brillant! Le son est chargé de chorus, c’est une habitude chez lui… Certains n’aiment pas, cela ne m’a jamais gêné. L’enchaînement des riffs du Hideaway de Freddie King nous montre toutes les caractéristiques du jeu de Winter même si les trilles et les bends sont moins précis, même si la vélocité et la fulgurance ne sont plus au rendez vous (encore que j’aimerai avoir ne serait-ce qu’un peu de cette vélocité). Si son jeu de guitare n’est plus au niveau de ce qu’il a été, sa capacité à jouer et chanter le Blues est intacte. Dès qu’il entame son She Likes To Boogie Real Low on sent la voix gorgée de blues…
Le répertoire de la soirée est essentiellement fait de reprises Blues et Rock’n'Roll (Good Morning Little Schoolgirl, Black Jack, I’m Tore Down, Red House, Bonnie Morone, I Used To Love Her But It’s All Over Now) sur lesquelles Johnny Winter ne lâche rien. Il assure toutes les parties vocales et tous les leads de guitare en s’appuyant sur le groove massif délivré par son impressionnant groupe. C’est seulement sur I’m Tore Down qu’il laisse le soin à Vito Luizzi, son batteur, de nous faire profiter de sa voix rocailleuse. Et comme pour nous faire oublier cela il attaque un bon vieux Red House qui ne laissera pas insensible. Ce n’est qu’un peu plus loin que le guitariste Paul Nelson prendra son seul solo de la soirée (excepté l’introduction)… Inspiration très Country Rock sur I Used To Love Her But It’s All Over Now.
C’est déjà l’heure? Johnny Winter quitte la scène après une petite heure de concert… Mais il ne prend même pas la peine de sortir complètement… On lui tend sa mythique Gibson Firebird! J’ai bien cru qu’elle ne serait pas de sortie ce soir! Et c’est le rappel au bottleneck durant lequel il nous servira un Mojo Boogie et un Highway 61 complètement habités! Je me laisse emporter en songeant… Pourquoi diable ne joue-t’il pas plus de slide? Pourquoi? Il a toujours été un excellent slider dans le registre blues, et aujourd’hui cela lui sied encore plus!
Ca y est… C’est fini… Je traîne un peu dans la salle pour laisser passer le flot… Heureux d’avoir vu Johnny Winter, déçu de ne pas être assez âgé pour le voir à sa grande époque! Mais sincèrement content d’avoir été là ce soir… Voir ces légendes se produire c’est un peu comme assister à un cours magistral sur le thème: Viens petit, je vais t’apprendre ce que c’est que le Blues! Je crois que j’ai compris…
Voici l’extrait vidéo promis contenant une partie de l’introduction ainsi que des parties de Hideaway, Red House et Mojo Boogie. Désolé pour les mouvements de caméra intempestifs… J’ai bataillé pour rester en place face à mon voisin qui essayait… En fait je ne sais même pas ce qu’il essayait de faire!!
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Johnny Winter est à l’honneur aujourd’hui sur Muzicosphère et JeuxDeCordes.fr !
Un report à 1 heure d’intervalle. Jolie synchro !
Moi non plus je ne regrette vraiment pas de m’être rendu à ce concert magistral 2 jours plus tôt. On a eu droit à un beau spectacle, qu’on ne pouvait pas manquer.
En plein concert, je me suis même interrogé: « et le jour où ce genre de légendes ne seront plus. Que restera-t-il au blues ? »
J’ai vu passer ça sur twitter…
“et le jour où ce genre de légendes ne seront plus. Que restera-t-il au blues ?”
Il restera plein de monde à jouer le blues… Ils seront juste moins légendaires!
Winter est comme tu le dis dans ton article, un héritier direct de Muddy Waters. Johnny W. a sûrement du inspirer bon nombre de bons bluesmen à son tour, qui seront certainement moins légendaires.
Moi par exemple. En rentrant du concert, je sentais que j’avais le blues au bout de doigts. Le problème c’est que j’en suis encore à lire ma gamme sur une feuille et à tatonner pour trouver cette foutue blue-note
.
Je laisse la relève à un autre !
Espèce de vermine!
je vois que tu as prit ton pied. Je t’avais proposé d’y allé il y a 3 mois ne voulant pas y allé seul et ta réponse trop incertaine m’avais décidé à ne pas prendre de billet. JE TE HAIS!
Merci pour la chronique. J’ai bien hâte de voir ta vidéo.
Mortellement jaloux de n’avoir pas été là.
Pierre.
J’ai failli le voir il y a peu de temps… Je le regrette grave !
Content d’entendre qu’il « performe » toujours bien, je l’aime beaucoup !
Lorsque j’ai lancé la vidéo, je me suis dit. Pourvu qu’il ait filmé Mojo Boogie. Et tu l’as fait !!
PS: Stupéfait des capacités de ta petite caméra à restituer un son aussi bon. Moi qui vais assez souvent à des concerts, je le dis, j’aimerais bien avoir un petit appareil du genre ! (à faire rentrer dans le crâne de mon entourage comme idée cadeau subliminale
)
Bonjour à tous,
Avez-vous les coordonnées d’un fan présent au concert, légèrement à gauche de johny winter, venu d’orléans avec sa soeur, où lui y habite ? Je l’ai salué en ommettant de lui laisser les miennes…..
MERCI
ALAIN
J’aime à me voir comme un connecteur… Mais là, ça dépasse largement ce que je suis capable de faire! Désolé!
Many thanx for the review!!!!!
I was wondering about his health but he doesn’t seem to have lost his magic!By the way, ia thinking of recording a concert in Bobino and i would like to ask how is the security in there and particularly in the entrance? Did you pass your camera easily?
I think as long as it is not a huge professional camera they will be ok. They seem to tolerate flip cams and iPhones quite easily.
I was thinking more of a mini disc with a small microphone. Anyway i was aking becouse someone told me that they are kind of serious with these issues. Thank you for the reply! Really appreciate it!!!!!