Chronique de l’Album Hedgehogs & Elephants – Fred Kinbom
Hedgehogs & Elephants n’est pas le premier coup d’essai discographique de Fred Kinbom. Exit la pop à la fois catchy et planante de Frock… Place à une musique intimiste et assez unique en son genre. Evolution? Non… Une métamorphose totale de ce musicien indépendant et par conséquent libre d’explorer les territoires qu’il souhaite! Depuis qu’il a découvert le lap steel, Fred Kinbom ne se consacre plus (quasiment) qu’à cet instrument… Et le moins qu’on puisse dire c’est que le slide à plat a ouvert ses chakras créatifs, le faisant passer du statut de musicien talentueux au statut de musicien unique. Si si, j’insiste!! Dans la lignée des Maîtres Es Glisse que sont Bob Brozman ou Ry Cooder, Kinbom ballade son crystal bar le long de ses cordes pour en sortir des sonorités s’éloignant allègrement des clichés Country ou Blues dans lesquels le lap steel est quelquepeu enfermé. Allez, viens!! Je t’embarque avec moi pour ces quelques lignes consacrées à un musicien talentueux et unique.
Enregistré entre la Suède, la Grande Bretagne et l’Allemagne, Hedgehogs & Elephants renferme 12 chansons ouvertes sur le monde à travers des influences musicales variées que Fred Kinbom a complètement assimilées et mélangées pour concocter sa recette personnelle. Principalement en mid-tempo, le ton général de l’album est intimiste, introspectif et mélancolique tout en évitant l’écueil d’un album à l’ambiance sombre… Et c’est peut-être là toute la force de cet album qui réussit à combiner ces deux éléments en apparence incompatibles que sont l’introspection et l’ouverture… Idéal pour accompagner ce début d’automne aux relents estivaux.
Des ambiances et des textures.
Les pièces les plus exquises de cet album, celles qui piquent le plus l’imagination, sont à l’image du hérisson, fragiles et introverties… Mais qui s’y frotte s’y pique. Tout au long de l’album le lap steel sait se faire textural et ambiant. L’instrument s’y prête et Fred en exploite pleinement les possibilités sur les instrumentaux New Yorker Impro et Tier seul avec ses guitares. Emotion et atmosphère subtile pour Isolation Song et Nattlunk, deux petits bijoux qui bénéficient de la grâce de Marjolaine Karlin. A l’accordéon elle se fait tout aussi ambiante que le lap steel pour confortablement installer ces chansons, puis rebondir vers des mélodies arabisantes très inspirées (Nattlunk). Sa voix qui évoque certaines chanteuses de trip-hop complète à merveille la voix grave et légèrement rocailleuse de Fred qui emprunte des voies mélodiques sinueuses.
Des mélodies finement ciselées.
Loin de limiter son approche musicale au minimalisme des ambiances, son sens de la mélodie tend à emmener l’auditeur sur des chemins plutôt sinueux en évitant les facilités et la prévisibilité. The Jolly Baker of Aachen et Igelkott (le fameux hérisson, en suédois dans le texte) flirtent avec des lignes de guitare bluesy, mais un bluesy très personnel aux mélodies qui s’insinuent doucement pour s’ancrer et ne plus sortir de la tête pour un moment. Dusk Dawn qui se trouve en plein milieu de l’album condense tout son savoir-faire en matière d’ambiance et le sens mélodique en un seul morceau dont Fred et ses lap steel sont les seuls protagonistes.
Le chaloupement de l’éléphant.
Les voix sont très bien travaillées d’une manière générale avec une dynamique très naturelle et le choix des accompagnateurs ne fait que souligner leurs qualités respectives (Marjolaine Karlin citée plus haut) comme sur le duo avec Sam Walker sur I Love Biology (le seul titre sans lap steel). On trouve également des compositions aux arrangements subtils et jamais chargés. Le steel drum de Just a Crystal Bar propulse le rythme vaguement countrysant vers quelquechose que pour ma part je n’avais jamais entendu encore. Le violon et les huit choristes de Hollowneck Hangover proposent un voyage en Europe de l’Est qui rappelle furieusement le klezmer. Puis l’album se referme sur Elephant Pace qui, contrairement à ce que pourrait suggérer le titre, n’a rien de pachydermique si ce n’est la sagesse et le chaloupement du vieil éléphant qui conduit son troupeau vers de nouveaux horizons… Vers un nouvel album qui lorgnera vers l’Afrique? Vers l’Inde? Lui seul sait quelle direction il prendra…
La seule chose dont je suis sûr, ce que je reprendrai bien le train musical de Fred kinbom vers une nouvelle destination… Qui sait peut-être enregistrera-t’il un nouveau titre à bord d’un train (Sat on a Train)?
Une vidéo making-of dans laquelle tu entendras des extraits de l’album:
Pour en savoir plus sur Fred Kinbom et peut-être acheter son album:
- Le site web de Fred Kinbom : http://www.fredkinbom.com/
- Hedgehogs & Elephants sur iTunes et sur CD Baby
- Et je conseille également Frozen Jungle Entertainment de Frock (le précédent groupe de Fred Kinbom) qu’on trouve sur CD Baby et qui est également un très bon album quoique très différent.
- Sur Slide Planet il est toujours possible de télécharger la compilation Slide Planet Volume I et Crystal Bar EP pour découvrir en douceur Fred Kinbom et d’autres sliders talentueux (Jim Petit, Paolo Conti, Mike Neer,…)
Les plus vigilants (ou les plus assidus) n’auront pas manqué que Fred est également venu partager des démos avec les lecteurs de muzicosphère: Test du Lap King Rodeo et d’autres à venir.








Bravo, excellente chronique ! Et bravo à Fred pour ce superbe CD. J’ai également beaucoup apprécié le précédent, « Frozen Jungle » de Frock, le précédent avatar de Fred Kinbom.
A noter que c’est également un très grand plaisir que de le découvrir sur scène où il réussit à instaurer une ambiance tout aussi personnelle et enthousiasmante que sa musique. Avec en plus beaucoup d’humour.
Je découvre et je suis séduit – achat en vue, c’est un univers qui me plaît beaucoup.
Ouais, FredK est tout simplement excellent, créatif, illuminant ! Ça fait beaucoup de bien de se mettre ça sous les oreilles cet automne !
Un très très bel album !